#La Petite école : Bonne rentrée à tous les enfants !
Or c’est pourtant par-là, le long de ce qui s’apparente à des errances plus qu’à des avancées ordonnées et clairement orientées, que les enfants problématiques devenaient de véritables inventeurs. Ne parvenant pas à suivre la route trop bien tracée qu’on leur imposait, ni à se conformer à la narration linéaire qu’on donnait à leur histoire, ils inventaient les leurs sur les bords des chemins balisés. Par la grâce d’une attention ressemblant à une distraction, les enfants qui errent avec lenteur en marge du circuit « problème-solution » font du problématique une invention. Celle-ci n’a rien à voir avec l’innovation. Le « nouveau » dont il est ici question n’est pas placé au sommet de la ligne du temps, dans un avenir pour l’atteinte duquel il faut élaborer programmes et plans. Il se loge dans une alliance inédite qui se tente entre « trop vus mais jamais considérés » et passants distraits qui, tombant dessus, font de leur perturbante interruption l’amorce d’une attention inattendue. Plutôt que de « tracer leur route », ces arpenteurs déviants font cas de ce qui a été laissé là.
C’est à partir du moment où ils s’en saisissent, non pour se l’approprier mais pour le conduire vers un lieu où la propriété n’est pas assurée mais potentielle et ouverte, qu’ils deviennent enfin des « inventeurs ».
1. Problématique est ce qui pousse la pensée à s’individuer, à se singulariser à chaque fois sous forme d’une solution inventive et nouvelle.
Camille Louis, La conspiration des enfants, 2021, p.51
#La Petite école : Les enfants et l’équipe vous souhaitent un bel été !
Les enfants : Subhi, Yaser, Mairame, Noah, Thierno, Bassam, Mohamed, Mamadou, Valentin, Maïssa, Ahmad, Adnan, Mohammed, Suleyman, Khaled, Ludmilla, Fadi, Mahamad et Fabi.
L’équipe : Maya, Clizia, Zineb, Nathalie, Corentin, Alexis, Claire, Marie et Sophie.
Merci à tous ceux et celles
qui rendent le projet de la Petite école possible par leur engagement tant
humain que financier :
Maria
Abecasis, l’Association Amis sans frontières, Laurence Baudhuin, Vincen Beeckman, Olivier Belenger, Joseph
Beni, Thierry Boutemy, Arnaud Bozzini, Muriel Brio,
Muriel Brusselmans , Charlotte Julie et Sandrine du Campus Saint-Jean, Isabelle
et Jean-François Cats, François Casier,
Anne et Antonio Castro Freire - Stichelmans, L’equipe du Cemome,
Julianne, Marie et Fanny de La CODE, Monsieur et Madame Chavrier-Bouffanais,
Celine Colmant, Elisabeth Cremades, Nicolas Dechamps, Maryse Degallaix, Julie
De Cartier, Hélène de
Fabribeckers, Carmen De Meyer, Matthias et Thibault De Meyer, Marie-Christine
de Saint Georges, Claude de Selliers de Moranville, Laurence De Ridder, Madame La Ministre
Caroline Désir, Claire Deveux, Bernard De
Vos, Renald Dewinter, Sarah D’Hondt, Aïssatou Diop, Anaïs Domb, D’Ici et
d’Ailleurs, Christelle Dister, Valérie Ducoeur, Elodie Druart, Christine
Durand-Havenith, Julien Dutertre, Sophie Hubert de la Fondation Joseph DENAMUR,
Philippe Ector, Houda El Aouadi, Bénédicte Emsens, Dominique Emsens, Patricia
Emsens, Joshua Erber, Jacques Feron, le Fonds Jean Praet, le Fonds Joseph Schepers - Germaine
Lijnen, la Fondation MAD Marguerite & Adrien Dassault, la Fondation
Poussière d’Étoiles, la Fondation
Resurrexit, la Fondation Roi Baudouin, Karine Forel, Véronique Goddeeris,
Géraldine Goubau, Claudio Guthmann, Madeleine Guyot, Geneviève Hardy, Maud
Hagelstein, Elisabeth Hers, Volkmar Hierner, Véronique Jacques, Marc Janssen,
Etienne Jockir, Lahdily Soumia, Céline
Lorand, Luca Lucian-Claudiu, Vincent Macaux, Roseline Magnee, Laetitia Mairlot,
Nathalie Meert, Eric Mercenier, Jean-Claude Métraux, Florence Minder, Guy Minder, Pascale de Media Graphics,
Etienne Mousnier, Souhayla Nouinou, Gerald Petit, Perspective Brussels, Axel
Pleeck, Céline Plumerel, Katharine Ratnoff, Delphine Rotthier, Andres Saavedra
Ulloa, Florence & Jean Stoefs, Yasmina Tarari, Gary et Pernelle de l’ASBL Tchaï, Linda
Stevens, Antoinette Sturbelle, Jeannine Van Calster, Anne Van Den Boeymants,
Christian Vander Stukken, Géraldine Van Houte, Renee Van Langhendonck, Sylvie
Vanommeslaghe, Sarah Van Parys, Venedig Meer Asbl, Bernadette Verbruggen,
Caroline Verbruggen, Ingrid Von Wantoch Rekowski, Lydie Wisshaupt-Claude.
Un merci particulier à Madame Andrée Geulen, à ses filles, Anne et Catherine Herscovici, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont témoigné leur soutien à la Petite école en sa mémoire.
#La Petite école : être par soi-même suite
Si chaque existant refait le monde à sa manière et sous son point de vue, sa valeur suprême est bien sur d’exister par lui-même, comme le disait Whitehead, mais il ne peut en aucun cas se défaire de l’inquiétude d’avoir laissé dans l’ombre, comme autant de simples moyens, la multitude de ceux, les autres, qui lui permettent d’exister et dont il n’est jamais très sûr qu’ils ne soient pas sa finalité .
Bruno Latour, Enquête sur les modes d'existence.
#Dernier atelier de Sophie :
C’est Fadi qui demande à Mamadou : c’est quoi l’atelier de Sophie ? Eh ben on va chez Sophie. A sa maison ? Non, non, on va chez Sophie, là où on regarde la télé. Là où on regarde la télé ? Non pas la télé, là où il y a le cinéma de la Petite école ! Mamadou hausse les sourcils pour agrandir ses yeux.
Fadi reprend : On va au cinéma ? Oui c’est le cinéma de la Petite école … et on mange des popcorn alors ? Non, non là on mange des glaces .. et Mamadou avance tout en souriant.
#La Petite école :
“Vous aim/ez les carrés/moi,j’aim/e les/ronds et/les courbes”
Christian Dotremont
« Le
travail philosophique, comme à beaucoup d’égards le travail en
architecture, est avant tout un travail sur soi-même. C’est travailler à
une conception propre. À la façon dont on voit les choses et à ce qu’on
attend d’elles. » Wittgenstein, Remarques mêlées.
Emmanuel Hocquard, Le cours de Pise, Editions P.o.L
#La Petite école : politique, « incessamment recommencer »
L'hiatus se retrouve donc dans le petit décalage entre la tentation d'aller droit et l'obligation toujours recommencée de se détourner, de se courber pour assurer le passage, dans la limite de ses moyens, dufuret du politique qui ne reviendra jamais, la chose est sûre, si l'on prend sur soi de l'interrompre ou de
l'envoyer tout droit, ailleurs, droitement. S'indigner, c'est bien, mais se préparer à passer à autre chose, c'est mieux ; décider c'est bien, mais se préparer à être trahi, c'est mieux ; vouloir « faire sauter la baraque » est admirable, mais se préparer à la redessiner toute entière, c'est faire la preuve qu'on ne
mentait pas en usant du beau mot de « révolution » ; prétendre « apaiser les passions » en « discutant posément entre gens raisonnables » est un projet magnifique mais n'a pas de sens – pas de sens politique – si l'on ne se prépare pas déjà à susciter de nouvelles oppositions et de nouvelles passions.
Autrement dit, en chaque point, la preuve qu'on ne ment pas est donnée par la suite de la courbe et par l'attente, par l'espérance de son retour nécessaire et de sa reprise et de son extension future – retour, reprise, extension qui dépendent entièrement des suivants, le long de cette chaîne que le manquement d'un seul suffirait à faire péricliter. En qu'on ne s'y trompe pas, il n'y a pas d'autre regroupement que ce mouvement-là de collection, aucune réserve sur laquelle on pourrait compter, aucune identité, aucune racine, aucune essence, aucune substance sur lesquelles on pourrait se reposer.
Bruno Latour, Enquête sur les modes d'existence, p. 344-345.
#Recherche : regard-langage
Sur des signes nouveaux faisons des sémantiques
Christian Dotremont
La
devinette pourrait être la suivante : qu’ont en commun un poète
(Zukofsky en l’occurrence), un dur à cuire (hard-boiled) et un voyageur
dans une ancienne cimenterie ? La
réponse pourrait être : « Chercher à voir autre chose, ou autrement,
dans (et non pas derrière) ce qu’on a l’habitude de voir. » En
conclusion de sa présentation de Dashiell Hammett, Ellery Queen écrit :
« Il n’a pas inventé une nouvelle sorte de détective, il a inventé une
nouvelle façon de les raconter.
Emmanuel Hocquard Le cours de Pise - éditions P.o.L
#A Madame Andrée Geulen : 6 septembre 1921 - 1 juin 2022
Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur
Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant
…
#A Madame Andrée Geulen
Merci à vous Madame Andrée, pour votre engagement et vos convictions, qui auront permis de sauver 300 enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale.
Merci à vous, pour la force que vous
nous transmettez à travers votre histoire remplie d’humanité.
Merci à vous, Anne et Catherine Herscovici, d’avoir
tissé des liens entre la vie de votre maman et la Petite école.
Merci à toutes les personnes qui ont témoigné leur soutien à la Petite école en mémoire à Madame Andrée.
Documentaire à voir sur Auvio :
https://www.rtbf.be/auvio/detail_mademoiselle-andree?id=2904637
#La Petite école : recherche
Visite aux Laboratoires d’Aubervilliers : http://leslaboratoires.org/